À la recherche de nos ancêtres médiévaux
Les recherches généalogiques se basent sur diverses sources dont la fiabilité est variable.
Aujourd'hui, la source principale réside dans les registres paroissiaux, disponibles sur les sites des Archives Départementales. Mais ces enregistrements ne virent le jour qu'au XVIe siècle par l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) et de Blois (1579).
Une autre source accessible est l'ensemble des aes notariés, plus difficilement accessibles : il faut connaître le nom du notaire. C'est dans ces aes que l'on trouve les héritages des modestes roturiers, de riches bourgeois comme de la noblesse.
D'accès moins aisé, on peut également s'appuyer sur les aes d'insinuations, laïques d'une part, qui sont une formalité rendant publique les donations, les testaments, les achats, les ventes, et les aes d'insinuations religieuses d'autre part, créées au XVIe siècle en France pour empêcher les fraudes lors des mutations de bénéfices.
Si, dans un premier temps mes recherches (2000-2005) se sont faites sur les leeurs de microfiches des archives départementales de l'Yonne (89), de ceux de l'Église des Mormons à Évry (91), ou direement dans les registres paroissiaux des mairies du charollais (71), il faut avouer que la mise en ligne des archives départementales a permis des progrès rapides. Alors, les recherches se font à domicile et il suffit d'une connexion Internet.
Par ailleurs, pour les générations plus anciennes, la leure des ouvrages du père Anselme de Sainte-Marie ou de La Chesnaye Desbois, célèbres généalogistes de l'Ancien Régime sont une source d'informations, certes importantes, mais parfois contradioires. Le site de Gallica de la B.N.F. offre aux chercheurs une bibliothèque incomparable et il m'est souvant venu à l'esprit que, petit fouineur du XXIe siècle, j'avais à ma disposition plus d'informations que n'importe quel émminent chercheur des siècles précédents.
Les trouvailles sont également facilitées grâce au contenu des sites dédiés tels ceux de Daniel de Rauglaudre, de Pierfit ou du fabuleux travail d'Étienne Pattou autour de nombreuses familles médiévales ; qu'ils soient ici remerciés.
Enfin, depuis quelque temps, les alertes fournies par Généanet qui informent chacun des données, fournies par d'autres abonnés, et manquantes chez nous, sont un réel progrès. Il est toutefois dangeureux de les utiliser sans en contrôler le contenu. Les erreurs sont nombreuses et je me demande souvent comment certains peuvent attribuer à un individu des parents nés plus de cent ans après eux.
Dans nos ancêtres, parmi les plus de 23 600 sosas recensés à ce jour (08/2023), soit plus de la moitié de la base, quelques personnes, certes rares, ont eu cette opportunité d'épouser des descendants de nobles seigneurs ou honnêtes bourgeois, eux-mêmes issus, selon la lignée cognatique*, de la plus haute noblesse. C'est la cas, entre autres et à titre d'exemple, de :
Et pourtant la loi salique prévoyait que : « Un gentilhomme dérogeant à sa noblesse, en épousant une femme du peuple ou une bourgeoise payait une amende pour lui, et les enfants nés depuis sa dérogeance, s'il voulait se faire réhabiliter. » (Déclaration de Louis XIV, 8 février 1661 ; arrêt du conseil d'État, 13 janvier et 10 oobre 1668.)
La constatation qui peut en être faite est la suivante : les mariages anciens, dans le début du Moyen Âge, se font sans doute principalement par intérêt. Il se font souvent très tôt et les mariés ont parfois à peine atteint l'âge légal de douze ans pour les filles et quatorze pour les garçons, et ce avec des individus de même classe sociale. Les mésalliances sont rares. Les mêmes noms se retrouvent en grand nombre dans les trois ou quatre générations descendantes.
A l'instar de la noblesse, dès le XIIIe siècle, les bourgeois ayant une aivité sociale reconnue portent des armoiries qu'ils transmettront à leurs hoirs* selon la tradition et les règles en usage.
Grâce à ces unions, nous pouvons compter parmi nos ancêtres, certes des rois de France, d'Angleterre, de Bohême ou de Hongrie mais, également, toute la petite noblesse qui constitue la structure administrative médiévale.
J'ai rassemblé dans cette page spécifique les blasons que certains arboraient lors des croisades, sur les vêtements de tournois ou, plus simplement, sur les entrées de leurs demeures.
(En travaux, à compléter : Liste de ancêtres royaux)
Histoire très raccourcie du blason
Avant le XIe siècle, le blason, en tant qu'identification d'un individu ou d'une famille n'existe pas. Il apparaît par nécessité. En effet, lors des batailles anciennes, il était aisé de reconnaître les siens à la tenue de guerre. Mais, l'évolution de l'armure métallique rendait les belligérants semblables et peu identifiables. Dans la tapisserie de la Reine Mathilde (entre 1066 et 1082) visible à Bayeux, on voit bien des dessins sur les écus, mais des belligérants de camps opposés portent les mêmes ! Sur cette même tapisserie, Guillaume doit lever son nasal pour se faire reconnaître.
C’est à partir de 1120-1150, que l’on commence à voir des couleurs sur les dessins identifiant tel ou tel ost. Armures, boucliers et harnachements se parèrent de façons variées, chacun ayant à cœur de se faire reconnaître ; d'où le terme d'armes ou d'armoiries. Selon Michel PastoureauL'apparition des armoiries en Occident : état du problème. — Bibliothèque de l'École des chartes, t. CXXXIV (1976), p. 281-300: « Il est aujourd'hui définitivement admis que cette apparition n'est en rien due ni aux croisades, ni à l'Orient, ni aux envahisseurs Germains, ni à l'Antiquité gréco-romaine, mais qu'elle est simplement liée à l'évolution de l'équipement militaire entre la fin du XIe et le milieu du XIIe siècle. Rendus à peu près méconnaissables par le capuchon de mailles du haubert et le nasal du casque, les combattants ont progressivement pris l'habitude de faire peindre sur la grande surface plane de leur bouclier en amande des figures géométriques, animales ou florales leur servant de signes de reconnaissance au cœur de la mêlée ».
Armures, bouclier et harnachement se parèrent donc de façons variées, chacun ayant à cœur de s'identifier ; d'où le terme d'armes ou d'armoiries. Les tournois semblent être le véritable élément déclencheur de cet engouement. Au XIVe siècle, la mode se répand partout en Europe et les règles de l'héraldique s'établissent. Les « hérauts d'armes* » sont seuls habilités à enregistrer les blasonnements, mais tous peuvent y souscrire : nobles chevaliers, bourgeois influents, marchands, commerçants, ecclésiastiques et même, dans certaines régions, les paysans (Normandie et Flandres). On voit alors des blasons avec vaches et gerbes de blé.
En 1283, Philippe III « le Hardi » promulgue un édit interdisant aux roturiers de « timbrer » leur blason ; c'est à dire de le surmonter d'un cîmier ou d'une couronne, bien sûr. Ce qui confirme que les non-nobles pouvaient porter un blason.
Au XIVe siècle les armoiries se multiplient et se généralisent au cours des XVe et XVIe siècles. À tel point que l'ordonnance du 26 mars 1555 article 9 précise qu'« il est interdit de changer ses armoiries sans lettre de dispense ou de permission ». Mais le Parlement refusa d'enregistrer ce texte. Cet emballement est tel que Louis XIV décide, par l'édit du 12 février 1697, de mettre bon ordre dans l’armorial existant alors. Les porteurs d'armoiries, nobles ou non, individus ou communautés, devaient les faire enregistrer, sous peine d'une amende de 300 livres et d'une confiscation de leurs biens armoriés. Il demande à Charles René d’Hozier (°1640-†1732), juge d'armes de France et généalogiste du roi, de dresser « L'Armorial général de France ». Ce recensement héraldique permet alors d’attacher une taxe spécifique (20 livres), due par chaque porteur. Cet armorial général comprend 125 807 blasons peints. Au XVIIIesiècle cette taxe va refroidir plus d’une vanité et le nombre de blasons enregistrés va décroître, surtout chez les moins fortunés. De plus, la Révolution Française aura tendance à associer blason et noblesse, ce qui n’avait jamais été le cas auparavant. D’où la disgrâce du blason au XIXe siècle, sauf chez la noblesse française, sortant de son bannissement, qui se réveille.
Aujourd’hui, la législation française considère l'usage des armoiries comme libre et licite. Chacun est en droit d'adopter les armoiries de son choix. Tout au long de l'Ancien Régime jusqu'à nos jours, l'usage de prendre des armes « de soi-même » ne fut soumis à aucune autorité dès lors qu'elles ne rentraient pas en concurrence avec des armoiries existantes ou anciennes. La jurisprudence en matière d'héraldique reconnaît, par un arrêt de la cour d'appel de Paris du 20 décembre 1949, que « les armoiries sont des marques de reconnaissance accessoires du nom de famille auquel elles se rattachent indissolublement. »
Mais pas seulement les familles ! Voir Porsche, Lamborghini, les équipes de football ou les marques de fromages ! Dans ces cas, on parle désormais de logos…
Pour tout savoir sur la création d'armoiries, visitez le site du Conseil Français de l'Héraldique :
http://conseil-francais-d-heraldique.com/index.php
Voir également : Le 4 février 2015, l'Administration Française édite même un « Formulaire d'inscription d'armoiries » disponible sous ce lien : « La Commission nationale d'héraldique (CNH) recueille à leur demande les armoiries des personnes physiques. ».
(Source : https://francearchives.fr/article/38351). Cet article de 2022 précise que cette possibilité est réservée aux collectivités territoriales.
Quelques définitions :
De gueules à deux chevrons d'or
accompagnés de trois aiglettes de même,
becquées et membrées d'azur.